Monument de la dynastie (Place de la dynastie)

Le monument de la dynastie

Monument à la Dynastie (1878-1881) Modifier 50° 53′ 26″ N, 4° 21′ 12″ E Pour les amateurs de panoramas, le point de vue le plus favorable du parc de Laeken se situe aux alentours du mémorial à Léopold Ier. De ce promontoire, on aperçoit à l'horizon les tours de bureaux de l'espace Nord, le palais de justice de Bruxelles et, à l'avant-plan, l'église Notre-Dame de Laeken, le château de Laeken et l'Atomium. Édifié en 1880 dans l'axe de la cour d'honneur du château royal, « là où le roi a toujours habité et où il est mort » (Léopold II), le mémorial est dû à l'architecte gantois Louis de Curte (1817-1891). Disciple d'Eugène Viollet-le-Duc, il se passionne pour la restauration d'édifices religieux auxquels il consacre son talent méticuleux. Pour le mémorial qu'on lui a commandé, il s'inspire de celui de Walter Scott à Édimbourg (G.H. Kemp, 1840-1846) et, plus vaguement, de l'Albert Memorial de Londres (G.G. Scott et J.H. Foley, 1872-1875). Plus délicat et plus léger que ces prédécesseurs, il offre un pastiche parfait du gothique flamboyant, révélateur de la maîtrise acquise par son concepteur, au détriment sans doute de sa créativité. La silhouette de la petite chapelle culmine à 43 mètres de hauteur et repose sur un massif en maçonnerie de 16 mètres de profondeur. La statue du roi, œuvre de Guillaume Geefs (1805-1885), est protégée par un dais en forme d'ennéagone parfait reposant sur un socle à gradins. Cette forme inusitée permet de figurer les neuf provinces qui composaient alors la Belgique. Les allégories qui les représentent ont été confiées à un aréopage d'artistes qui se sont inspirés des dessins de Georges Houstont : Namur est symbolisée par la métallurgie (Thomas Vinçotte), Luxembourg par la chasse (Constant-Albert Desenfans), Liège par l'armurerie (Adolphe Fassin), le Limbourg par l'agriculture (Antoine-Joseph Van Rasbourgh), Anvers par le commerce et la navigation (Frans Deckers), le Brabant par le sceptre royal (Charles Van der Stappen), la Flandre-Orientale par les filatures et l'horticulture (Gérard Van der Linden), la Flandre-Occidentale par la pêche (Henry Pickery), le Hainaut par la houille (Charles Brunin). La décoration fourmille de références au gothique brabançon : les chapiteaux de colonnes à feuilles de choux, les galbes en accolade des arcades brisées, les niches entre console et dais abritant les allégories des neuf provinces belges ou encore la flèche qui fait irrésistiblement penser à celle de l'hôtel de ville. Le génie des arts, sculpté par Guillaume De Groot pour la coiffer, a été déplacé sur le toit des Musées royaux des beaux-arts pour des raisons de stabilité. Avec leurs belles balustrades gothiques, entrecoupées de pinacles sur lesquels viennent s'adosser les arcs-boutants de la flèche, les étages sont accessibles au public par un élégant escalier à vis dans une cage de colonnettes. Le monument a été rénové en 2001 à l'occasion de la présidence belge de l'Union européenne. Il reste malheureusement fermé au public par crainte du vandalisme.